Être recruteur, c’est chercher le bon profil, au bon moment, pour la bonne entreprise.
Sur le papier, cela paraît simple.
Dans la réalité, c’est parfois un véritable exercice d’équilibriste.
Il y a d’abord le candidat qui confirme son entretien… puis qui ne vient pas.
Celui qui affirme être très motivé… mais qui ne répond plus à aucun appel.
Celui qui vous explique qu’il est « ouvert à toutes les opportunités »… jusqu’au moment où vous lui présentez une opportunité.
« Trop loin. »
« Les horaires ne me conviennent pas. »
« Le salaire est un peu juste. »
« Finalement, je préfère attendre. »
Et puis il y a le candidat qui arrive jusqu’au bout du processus, pour finalement accepter une autre proposition.
C’est frustrant, évidemment.
Mais le recruteur connaît aussi l’autre côté de l’équation : le client.
« C’est urgent, il nous faut quelqu’un rapidement ! »
Alors on cherche, on source, on appelle, on échange, on qualifie.
On présente des candidats.
Puis vient parfois le fameux :
« On va encore réfléchir un peu… »
Pendant ce temps, le candidat attend une réponse.
Le recruteur relance le client.
Le client attend peut-être encore quelques jours.
Et pendant ce temps-là, le candidat avance de son côté.
Parce qu’un bon candidat n’attend pas toujours qu’une seule entreprise se décide.
Il y a également ces recrutements où le profil idéal doit être expérimenté, disponible immédiatement, mobile, autonome, polyvalent, parfaitement opérationnel…
Avec, évidemment, un salaire qui ne correspond pas toujours au marché.
Et là encore, le recruteur doit trouver l’équilibre.
Ne pas vendre un profil qui ne correspond pas.
Ne pas décourager le client.
Ne pas faire perdre de temps au candidat.
Conseiller, expliquer, parfois recadrer.
Car recruter, ce n’est pas simplement transmettre des CV.
C’est aussi savoir dire :
« Ce profil ne correspond pas réellement à votre besoin. »
Ou :
« Avec ces critères et ce budget, la recherche risque d’être compliquée. »
Ou encore :
« Si nous attendons encore deux semaines avant de prendre une décision, nous risquons de perdre ce candidat. »
Ce ne sont pas toujours les phrases les plus faciles à entendre.
Mais elles font partie du métier.
Alors oui, le recruteur connaît la frustration.
La frustration du silence.
La frustration des désistements.
La frustration des processus qui s’éternisent.
La frustration d’un candidat qui était presque parfait… mais qui accepte finalement une autre offre.
Pourtant, il faut recommencer.
Appeler.
Relancer.
Chercher.
Proposer.
Écouter.
Ajuster.
Parce que derrière chaque recrutement, il y a surtout des personnes avec leurs attentes, leurs contraintes, leurs doutes et leurs propres priorités.
Et c’est probablement là que réside toute la richesse du métier.
Le recruteur ne maîtrise pas tout.
Il ne maîtrise ni la décision finale du candidat, ni celle de l’entreprise.
En revanche, il peut maîtriser son accompagnement.
Il peut être transparent.
Il peut anticiper.
Il peut conseiller.
Il peut expliquer les réalités du marché.
Et surtout, il peut continuer à avancer lorsqu’un recrutement ne se déroule pas comme prévu.
Finalement, être recruteur, c’est peut-être cela :
transformer la frustration en action.
Parce que derrière un recrutement réussi, il y a parfois beaucoup plus de « non », de « pas maintenant », de « je vais réfléchir » et de « je vous tiens au courant » qu’on ne l’imagine.
Et le lendemain matin…
On recommence.
Avec un nouveau poste.
Un nouveau candidat.
Une nouvelle recherche.
Et, peut-être, la bonne rencontre cette fois-ci.